Face aux certitudes affichées dans les deux camps qui s’opposent, Agnès Jaoui glisse de la nuance et de la subtilité dans l’approche psychologique, ce qui lui sera sûrement reproché. Le symbole le plus marquant de cette position repose sur le personnage du chef d’orchestre, campé avec gourmandise par Daniel Auteuil, et qui passé toute l’histoire à craindre des révélations sur son comportement d’antan : visiblement inquiet, il ne cesse de dire pour s’excuser par avance : « C’était une autre époque ».
Évoquant le népotisme du milieu – un sponsor faisant embaucher sa fille et s’autorisant à chanter des passages célèbres – ou brocardant le ridicule de certains metteurs en scène branchés (la séquence avec les colonnes phalliques du décor est réjouissante), Agnès Jaoui a trouvé la manière de décrire petits arrangements et grandes lâchetés, ce qui va automatiquement suscité le débat. Ce n’est pas la moindre qualité de sa comédie rythmée par des dialogues savoureux et une mise qui sait mettre à profit le cadre magnifique du théâtre antique d’Orange.
