CINÉMA : MERCREDI 27 MAI 2026

L’OBJET DU DÉLIT, de Agnès Jaoui – 2h13
Comédie avec Daniel Auteuil, Agnès Jaoui, Eye Haïdara
Score : 4/5
Le scénario
Dans les coulisses d’une ambitieuse production de l’opéra Les Noces de Figaro, les tensions montent lorsqu’une accusation d’agression sexuelle éclate, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Les conflits d’opinion et de génération se font jour, et comme toujours chez Agnès Jaoui, le rire n’est jamais loin du drame.
Mon avis –
Sans le fidèle Jean-Pierre Bacri auquel le film est pudiquement dédié au générique final, Agnès Jaoui signe une histoire personnelle et, une fois encore, chorale dans l’univers de l’opéra, un monde qui n’était pas celui de Bacri. Elle souligne : « Il n’aimait pas ça. »
Là où l’histoire surprend et prouve le sens de la liberté de la réalisatrice, c’est dans la manière d’aborder, sans jamais caricaturer, dans cette histoire d’opéra et de troupe, un tournage à l’ère #MeToo et donc dans un climat de suspicion et de méfiance assez fort. Sans jamais tenter d’arrondir les angles, et fidèle à son humour mordant, Agnès Jaoui et sa bande de scénaristes montrent bien le choc des générations entre le personnage de cantatrice qu’elle incarne par exemple et la jeune femme qui incarne Chérubin, et très bien campée par Eye Haïdara qui la double difficulté de jouer un homme et… d’être de peau noire, alors que le ténor vedette (Vincenzo Amato) est aussi misogyne que xénophobe. Peu enclin au demeurant à accepter de moderniser une œuvre qui semble, pour lui, figée dans le marbre du passé.
