CINÉMA : MERCREDI 27 MAI 2026

COCOTTE, de György Pálfi – 1h37
Drame avec Maria Diakopanayotou, Argyris Pandazaras, Yannis Kokiasmenos
Score : 4/5
Le scénario
À grand pouvoir, grandes responsabilités – mais si l’héroïne était une poule ? Échappée d’un élevage industriel, elle trouve refuge dans la cour d’un restaurant en ruine. Là, elle découvre l’amour, défie la loi du bec et se bat pour protéger ses œufs. Sa quête, tendre et ironique, résonne avec les combats silencieux et petits arrangements de la vie humaine.
Mon avis –
Il a fallu pas moins de huit poulets hongrois (baptisés Eszti, Szandi, Feri, Enci, Eti, Eniko, Nora et Anett) pour jouer le rôle principal de cet objet cinématographique bizarre et qui, sur le papier, peut paraître rébarbatif en diable. Et pourtant, le cinéaste hongrois György Pálfi réussit la gageure de nous clouer devant les aventures d’une poule qui découvre le monde des humains à travers ce restaurant paumé sur un coin de côté grecque et qui semble promis à la destruction. À travers la vie de cette poule qui semble capable de surmonter tous les obstacles au péril de ses plumes, le réalisateur signe un récit en forme de tragédie où le volatile est le témoin passif, et parfois l’acteur involontaire, des drames humains : des violences conjugales, des viols aux migrants, en passant par la mafia locale… Et, comme référence pour le rôle de cette poule, le réalisateur avait un modèle à l’esprit et par le moindre… : celui du personnage campé par Chaplin dans Les Temps modernes.
Pour évoquer son étrange histoire, le cinéaste souligne : « La petitesse et la « paix » de l’existence de la poule rencontrent dans ce film une tragédie de vies humaines au milieu d’une problème mondial. Dans le film, j’ai joué avec l’idée de ce qui se passe lorsque l’histoire humaine n’est pas au centre. Et si nous, humains, étions le « fil secondaire » de l’histoire. »
