Eye Haïdara, seule face au système

CINÉMA : MERCREDI 27 MAI 2026

MATA, de Rachel Lang – 1h38

Film d’espionnage avec Eye Haïdara, Joséphine Japy, Raphaël Personnaz

Score : 3/5

Le scénario

Blessée lors d’une opération clandestine au Niger, Mata, agente du service action de la DGSE, perd la trace d’Antoine, son compagnon capturé sur place. À son retour, elle est affectée à la Sécurité Intérieure du Territoire et se saisit d’une mission de contre-espionnage dans les Alpes : une ombre semble relier ce dossier à l’embuscade en Afrique. Convaincue que ses supérieurs lui dissimulent des informations et hantée par la captivité d’Antoine, elle se lance dans une course contre la montre, hors de tout cadre officiel… au risque de tout perdre.

Mon avis –

On connaît la double vie de Rachel Lang, officier de l’armée française devenue cinéaste. L’institution miliaire lui avait inspiré le portrait sensible des épouses des engagés de la Légion avec Mon légionnaire. Avec Mata, elle change de registre en faisant le portrait d’une femme qui est en première ligne, prend l’initiative au risque de braquer ses supérieurs hiérarchiques pour tenter de sauver son compagnon, Antoine. Quitte à secouer le cocotier en mettant à jour ses secrets cachés.

La principale originalité du film, après une séquence d’ouverture d’attaque dans le désert, c’est de ne pas se glisser sur les traces d’une énième Mission impossible. Rachel Lang préfère nous faire ressentir le poids du commandement, les rivalités administratives, bref tout ce qui est loin du spectaculaire. En prime, l’agent au cœur de l’histoire a été sérieusement blessée et, même si elle pilote une moto puissante, son état de convalescente la prive, tout naturellement, de jouer les gros bras.

C’est Eye Haïdara qui porte le poids de l’histoire en campant une Mata, dévorée de culpabilité en tant que survivante, blessée moralement aussi. Tout au long de l’histoire, celle que l’on connaissait plus pour son franc parler dans les comédies, joue avec une grande économie de gestes et de mots, comme si elle avait peur de se dévoiler plus avant, comme si elle se méfiait (à juste titre) de beaucoup de monde. Face à elle, Joséphine Japy campe la cadette, dont la présence est plus légère, lumineuse ce qui fait encore plus ressortir le côté sombre de Mata.

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