Là où le film ne satisfait pas pleinement à ses ambitions, c’est en restant toujours à une distance certaine, sauf à de rares moments familiaux via le langage des signes notamment, de ses personnages. Si Rachel Lang tente d’approcher les ressorts psychologiques de Mara, cela reste de manière trop clinique et c’est surtout dans la description des filatures téléphoniques, des planques classiques que le film est le plus « vibrant ».
Quant à la mise en scène, elle aurait été plus forte en jouant sur de l’audace, quelques ellipses. Et c’est dommage alors que l’immersion dans le carnaval de Bâle offrait une atmosphère très intéressante sur le plan visuel, que la cinéaste se cantonne dans une banale scène de castagne dans une arrière cuisine d’un restaurant branché où l’on se retrouve dans un univers à la James Bond qui a des airs de déjà-vu et n’apporte rien à l’économie du thriller.
Il y avait pourtant plus de potentiel dans ce portrait d’une jeune femme qui, même broyée par un système, se bat pour rester debout.
