CINÉMA : MERCREDI 27 MAI 2026

À BRAS-LE-CORPS, de Marie-Elsa Sgualdo – 1h36
Drame avec Lila Gueneau, Grégoire Colin, Thomas Doret, Aurélia Petit
Score : 4/5
Le scénario
Enceinte à 15 ans, Emma défie la communauté protestante répressive de son village du Jura suisse en 1943. Affrontant l’hypocrisie morale et le spectre de la Seconde Guerre mondiale, elle transforme son traumatisme en capacité d’émancipation.
Mon avis –
Premier long-métrage signé Marie-Elsa Sgualdo, ce film est le portrait d’une jeune fille qui refuse de céder aux poids de la morale (protestante en l’occurrence) et qui se bat pour son émancipation alors que, victime d’une agression sexuelle, elle est enceinte. Un scénario sur lequel la cinéaste a longtemps travaillé, avec la coscénariste Nadine Lamari , en s’inspirant notamment du parcours de femmes du côté de sa lignée maternelle, qui ont vécu des choix contrariés et douloureux de maternité, de conjugalité et d’indépendance. Et face au pasteur (campé par un Grégoire Colin qui a l’austérité qui sied à sa fonction) et à son épouse qui l’ont recueillie– car sa mère est rejetée de la communauté pour avoir eu une relation extra-conjugale – Emma refuse d’abdiquer sa liberté au nom d’une morale religieuse et du poids des conventions sociales. Évoquant son personnage, la cinéaste souligne : « Emma tombe, se relève, évalue ses chances et continue. Elle ne se voit jamais comme une victime. »
