Abinash Bikram Shah n’hésite pas à entretenir une atmosphère lourde, pointant les contradictions des villageois qui sont heureux du travail fourni par ces Hijras tout en n’hésitant pas à les rejeter, à en faire des boucs émissaires au moindre incident. Le portrait d’une société intolérante et homophobe. Dans ce drame, Pushpa Thing Lama joue avec un charisme étonnant.
La mise en scène, classique, est d’une grande beauté notamment dans les atmosphères nocturnes où le jeu sur les lumières rend l’atmosphère singulière, et l’histoire ménage aussi quelques moments d’une grande poésie, comme dans la très belle séquence finale avec les fameux éléphants. Un rapport à la Nature et à ces animaux qui fait penser à l’univers d’un Apichatpong Weerasethakul, avec cette conclusion, symbole d’une forme de justice divine, car le pachyderme est aussi l’image de Ganesh, ce Dieu qui fait surmonter les difficultés et incarne la sagesse. Le film a remporté le Prix du jury de la catégorie Un certain regard au dernier Festival de Cannes.
