CINÉMA : MERCREDI 4 NOVEMBRE 2026

Didier Bourdon sur le plateau de tournage de l’usine.
UN BON PATRON, de Philippe de Chauveron – 1h27
Comédie avec Didier Bourdon, Catherine Frot, Jean-François Cayrey
Score : 2/5
Le scénario
En quelques jours seulement, tout semble virer à la catastrophe pour Antoine Blanchet, héritier de l’ancestrale fabrique familiale de balances. Un ex-employé viré qui proteste bruyamment et campe devant l’usine ; Un contremaître qui met en péril la production, parce que sa femme le trompe ; Une stagiaire irrésistible qui fait tourner les têtes… À la veille de recevoir un prix d’excellence censé honorer son usine, il doit, en urgence, sauver l’entreprise et maintenir le calme dans son petit univers bien organisé. Il s’y attelle, à sa manière, paternaliste et autoritaire : en bon patron ?
Mon avis –
Tourner un remake d’un film -ici El Buen patrón, de Fernando León de Aranoa – présentait, comme à l’accoutumée, un danger évident : celui de la comparaison. Et c’est bien tout le problème de la version concoctée par Philippe de Chauveron (réalisateur, entre autres, de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? )…
De fait, là où l’original misait sur l’ambivalence des personnages principaux, au cynisme du patron paternaliste d’un côté et coupeur de têtes de l’autre – une composition magistrale de Javier Bardem- nous avons cette fois qu’une pâle copie. Didier Bourdon fait de son mieux pour incarner ce chef de PME qui veut gagner un trophée de plus, mais il manque à sa composition une forme de cruauté et de cynisme qui rendrait le personnage vraiment immoral et le conte de cette modernité libérale des plus cruels. Quant à son rejeton qui fait du droit de cuissage une des « qualités » de sa position, il reste dans un cadre très conventionnel du genre.
