L’incroyable odyssée des rebelles cubains

CINÉMA : MERCREDI 9 SEPTEMBRE 2026

LES SURVIVANTS DU CHE, de Christophe Dimitri Réveille – 1h34

Documentaire et film d’animation

Score : 4/5

Le thème

Depuis la victoire de la Révolution cubaine en 1959, trois guérilleros ont juré allégeance à Che Guevara et le suivent dans son combat pour exporter la révolution. En 1967, après leur ultime combat en Bolivie et l’exécution de leur leader, ces hommes de l’ombre vont réussir une incroyable échappée de 2.400 km en cinq mois. Pourchassés par plus de quatre mille soldats de l’armée bolivienne, ils parviendront finalement à rejoindre le Chili. À travers leurs témoignages inédits, Les Survivants du Che nous plonge au cœur de cette chasse à l’homme, où se croisent destins personnels et enjeux de la Guerre Froide.

Mon avis –

Depuis vingt ans, Christophe Dimitri Réveille a travaillé sur l’incroyable odyssée des révolutionnaires qui ont survécu et réussi à fuir à l’étranger, malgré une traque militaire financée par la CIA, après l’assassinat de Che Guevara en Bolivie. Il avait notamment écrit une biographie de Benigno (Benigno, dernier compagnon du Che) qu’il a rencontré en 2004, ainsi qu’une bande dessinée historique avec Simon Géliot.

Un personnage détonnant que ce colonel Dariel Alarcón Ramirez, dit «Benigno», qui, après avoir participé à la Révolution cubaine à l’âge de 17 ans, après avoir accompagné Guevara dans toutes ses aventures, est devenu un farouche opposant à Castro en s’exilant à Paris où il est décédé en mars 2016. Un combattant de la première heure aux côtés de Guevara et qui conserve, malgré le poids des ans, son esprit de rebelle.

En retournant sur les lieux où Guevara a été arrêté, blessé, et exécuté à La Higuera en Bolivie, Christophe Dimitri Réveille s’est lancé dans un pari difficile : retrouver les six guérilléros qui ont survécu au Che après la fusillade finale dans le ravin, recueillir leurs témoignages et raconter cette odyssée qui semble presque irréelle, tant les survivants ont dû rivaliser d’ingéniosité pour sauver leur peau.

L’opiniâtreté du cinéaste a payé : il est parvenu à interviewer trois survivants, qui sont de paisibles grands-pères aujourd’hui (Pombo et Urbano considérent Begnino comme un traitre de la Révolution), des militaires, un agent de la CIA ou encore un membre du PC bolivien (El Negro) qui retracent par le menu cette spectaculaire fuite à travers les montagnes de la Cordillère des Andes.

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