TV : sur CINÉ+ FESTIVAL, jeudi 3 SEPTEMBRE, à 20h50
J’ACCUSE, de Roman Polanski (2019), 2h10
Drame historique avec Jean Dujardin, Gregory Gadebois, Melvil Poupaud, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner
Score : 4/5
L’histoire
Pendant les douze années qu’elle dura, l’affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme. L’affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. A partir de cet instant et au péril de sa carrière puis de sa vie, il n’aura de cesse d’identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.
Mon avis –
Reconstituer une affaire que l’on connaît bien avec un rythme de thriller, c’est le pari osé, mais le pari gagné, de Roman Polanski qui, adaptant le roman historique de Robert Harris (D) revisite l’affaire Dreyfus non pas par le prisme du principal condamné (Louis Garrel apparaît peu dans le film), mais par celui de l’affrontement de deux officiers dont l’un, le colonel Picquart, alors qu’il est au départ hostile à Dreyfus et assez représentatif d’une France antisémite, va découvrir les faux et mettre tout en œuvre, y compris au détriment de sa carrière, pour faire éclater la justice. Ce qui va le conduire à se batte en duel contre son rival.
Dès lors, c’est cet homme de l’ombre qui tient le haut du pavé durant toute cette reconstitution. À la sortie du film, Roman Polanski soulignait : « A l’époque, ce célibataire qui a une maîtresse, jouée par Emmanuelle Seigner, l’épouse d’un haut personnage de l’État, est un marginal dans les mœurs et un « antisémite naturel », comme on pouvait l’être en cette fin de 19ème siècle. Pourtant, c’est lui qui, involontairement, va sauver le capitaine Dreyfus. Picquart est un personnage passionnant, complexe. Ce n’est pas un antisémite combattant. Il n’aime pas les juifs, mais cela relève plutôt d’une tradition que d’une conviction. »

