Jean Dujardin en officier courageux

La mise en scène est d’une grande précision historique, certaines séquences de groupe, comme la dégradation du capitaine, sont montrées avec un grand réalisme, et le casting est de très grande qualité, y compris dans les rôles dits « secondaires » où l’on découvre Laurent Stocker dans le rôle du général de Pellieux ou encore Denis Podalydès dans celui de Maître Demange. Quant à André Marcon, il incarne parfaitement l’écrivain par lequel le scandale arriva : Émile Zola. Au passage, Polanski montre bien aussi la vétusté du service de contre-espionnage français qui œuvre dans des locaux assez misérables et dont le mobilier est plutôt défraichi.

Au cœur de ce combat pour la vérité, il y a le choc entre les deux officiers : Jean Dujardin d’un côté, impeccable dans son uniforme, et de l’autre, Grégory Gadebois, qui joue son adjoint, Hubert Henry, celui qui a tout fait pour que Dreyfus soit déclaré coupable et n’a pas hésité à falsifier les preuves.

Symboliquement, comme dans les westerns ou les jugements de Dieu, c’est par un duel que le drame se clôt. Une séquence forte où le spectateur ressent la violence de cette rencontre à mort et dont la mise en scène est très rythmée et rend bien compte de l’intensité de la rencontre.

Malgré le scandale qui a entouré la sortie de J’accuse – Roman Polanski ayant été accusé d’une nouvelle agression sexuelle remontant à 1975 – son film est une vraie réussite, justement récompensé de trois César, dont celui du Meilleur réalisateur.

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