TV : sur OCS, dimanche 13 SEPTEMBRE, à 20h50
PARTIR UN JOUR, d’Amélie Bonnin – 1h30 (2025)
Comédie dramatique avec Juliette Armanet, Bastien Bouillon, François Rolin
Score : 3/5
L’histoire
Alors que Cécile s’apprête à réaliser son rêve, ouvrir son propre restaurant gastronomique, elle doit rentrer dans le village de son enfance à la suite de l’infarctus de son père. Loin de l’agitation parisienne, elle recroise son amour de jeunesse. Ses souvenirs ressurgissent et ses certitudes vacillent…
Mon avis
Adaptant son propre court métrage, déjà porteur d’une certaine mélancolie bien française, et avec ce clin d’œil appuyé au tube de 2Be3 – toute une époque dans le rétro ! – Amélie Bonnin a inversé les rôles tenus à l’origine par les deux personnages principaux. Dans le court métrage, c’était l’homme qui rentrait au pays et retrouvait un amour d’enfance. Cette fois, elle a remis en question une histoire qui se plaçait sur un point de vue masculin. Elle soulignait à la sortie du film : « Lorsque j’ai écrit le scénario du court, je ne me suis pas posé de questions : mon héros, spontanément, était un garçon. C’est seulement lorsqu’on me l’a fait remarquer, après, que ça m’a sciée. Je suis une femme, je travaille dans un magazine féministe (La Déferlante) et je donne le rôle moteur à un homme alors que l’histoire que l’on raconte ne le nécessite absolument pas : cela montre bien comment le patriarcat a infusé notre esprit ! »
Dans ce retournement de situation, Juliette Armanet sort de sa partition habituelle de chanteuse et se tire bien de ce personnage de jeune chef qui est contrainte de revenir au pays pour s’occuper du restaurant familial, son père (l’excellent François Rollin)se remettant d’un infarctus solide. Pour la réalisatrice, ce choix s’est vite imposé comme une évidence : « J’ai rencontré Juliette sur un spectacle au cours duquel elle faisait de la musique et moi du dessin. J’ai été saisie par son charisme, sa façon de parler, son profil d’oiseau aussi, et j’ai tout de suite eu envie de la filmer. »

