Retrouvailles sous tension

C’est d’autant plus dommage que Charlotte Rampling est magistrale dans le rôle du mentor du jeune pianiste, dure et entièrement dévouée à son air. Affichant une grande autorité, parfois cassante, elle tient l’histoire de bout en bout face à un François Civil habité par son personnage qui traverse une vraie crise et mène une vie privée assez peu compatible avec une carrière de pianiste de haut niveau.  L’acteur a tellement travaillé ce personnage qu’il joue lui-même le morceau Ich ru zu dir, de Bach. Quant à Hippolyte Girardot, il fait une composition savoureuse dans le rôle de l’agent, contraint de veiller en permanence au grain, avec un tel pèlerin.

Malgré ce casting impeccable, ce nouveau film de Desplechin a du mal à trouver un juste équilibre même s’il aborde de manière très sensible le jusqu’au boutisme de la création ainsi que l’importance de la transmission, qu’il s’agisse du domaine familial ou du domaine artistique.

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