CINÉMA : MERCREDI 22 AVRIL
SOUMSOUM, LA NUIT DES ASTRES, de Mahamat-Saleh Haroun – 1h41
Drame avec Maïmouna Miawana, Eriq Ebouaney et Achouackh Abaka Souleymane
Score : 4/5
Le scénario
Dans un village isolé du Tchad, Kellou est traversée par des visions qu’elle ne comprend pas. Grâce à sa rencontre avec Aya, une exilée aux secrets douloureux, elle va découvrir une autre façon de regarder son passé, ses rêves et son village. Mais en prenant la défense d’Aya, que le chef du village tente de chasser, elle se heurte à la peur et à la colère des habitants, et devra se battre pour garder sa liberté.
Mon avis –
Avec ce scénario co-écrit en compagnie de Laurent Gaudé, le cinéaste tchadien quitte pour la première fois la capitale N’Djamena pour tourner dans un site splendide sur le plateau de l’Ennedi, dans le Nord-Est du pays. Un cadre impressionnant qui donne un côté presque irréel à certaines séquences, notamment la longue marche de Kellou pour aller inhumer cette femme que tout le monde rejetait dans le village. Un site austère et majestueux qui est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Comme les terres sont riches en gisement d’or, l’équipe a dû, malgré la protection des autorités, négocier avec les habitants qui, les prenant pour des prospecteurs, les voyaient d’un mauvais œil.
Porté par la présence de Maïmouna Miawana (dont c’est le premier rôle) et qui exprime une forme de douceur par sa gestuelle, de résilience, l’histoire célèbre une ouverture à l’autre et aux mystères du monde. Baignant dans une atmosphère fantastique, tout en étant ancrée dans le quotidien de ce village perdu dans la savane, le film célèbre des « récits fondateurs » et fait référence même à une culture préislamique. Le cinéaste souligne : « Pour moi, les paysages sont toujours pourvoyeurs d’histoires. Dans l’Ennedi, on m’a raconté beaucoup de légendes, par exemple, sur des créatures qui vivraient dans les cavités creusées dans la roche. »

