Portrait d’une jeune fille qui lutte

Même si le changement de vie professionnelle de Juliette peut paraître surprenant, Guédiguian, par son sens de conteur méditerranéen et oriental, parvient à le rendre crédible. Et à redonner un peu d’espoir dans un univers barré par le spectre du Front National. Même si, à travers les propos de la famille du voisin réac– fidèle, le cinéaste fait figurer la photo du regretté Jacques Boudet, pilier de la bande, qui incarne le défunt père – à travers les attaques contre la maison dédiée aux femmes victimes de violence, il montre clairement que la « bête » rode et que le racisme est à fleur de mots. Quand certains n’hésitent plus de passer des paroles aux actes barbares.

Finalement dans un monde ubérisé jusqu’au ridicule, dans un univers d’actions et de bitcoins, Guédiguian parvient, une fois encore, à entretenir une petite flamme avec l’espoir que tout n’est pas encore perdu si l’on sait se battre. Le cinéaste le reconnaît : « Comme Pasolini, je veux chercher les petites lucioles qui restent.» Et ce désir d’optimisme donne des raisons de ne pas désespérer tout à fait.

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