Sur les barricades

CINÉMA : MERCREDI 14 OCTOBRE 2026

LES MISÉRABLES, de Fred Cavayé – 2h56

Drame historique avec Vincent Lindon, Tahar Rahim, Benjamin Lavernhe Camille Cottin, Noémie Merlant, Marie Colomb

Score : 2,5/ 5

L’histoire

Le jeune Jean Valjean , condamné au bagne pour avoir volé un pain, voit sa peine s’alourdir pour avoir tenté de s’échapper. Il écope en tout de dix-neuf ans de travaux forcés. Enfin libéré, il trouve asile chez l’abbé Myriel , qui, pour acheter son âme, lui confie deux chandeliers en argent. Les années ont passé, Valjean (Vincent Lindon) est devenu un notable respecté de tous. Mais, suite à un trouble provoqué dans son usine, il se sent responsable d’une ouvrière, Fantine (Noémie Merlant), et lui fait la promesse d’aller chercher sa fille, Cosette, en pension chez les Thénardier (Benjamin Lavernhe et Camille Cottin. Son passé le rattrape et éveille des soupçons chez l’inspecteur Javert (Tahar Rahim)…

Mon avis

On paraît toujours étonné d’une énième adaptation au cinéma d’un roman à succès ; pourtant, l’on joue bien chaque année Molière au Français sans trouver à y redire. Et chaque décennie ou presque, des réalisateurs s’attellent, avec plus ou moins de bonheur, aux cinq tomes que comptent Les Misérables, L’œuvre de Victor Hugo est magistrale et vaut bien qu’on s’y attarde. S’inspirant d’un fait divers, le roman, paru en 1862, obtient un succès populaire en France et même à l’étranger.

Avec la naissance du cinéma, les grandes pièces du répertoire et les romans populaires deviennent des sources d’inspiration pour les scénaristes du début du XXe. Les Misérables feront donc l’objet de maintes adaptations (malheureusement, la première adaptation américaine muette de J. Stuart Blackton, en 1909, est considérée comme perdue). Ainsi, beaucoup de réalisateurs ont voulu marquer de leur empreinte une nouvelle relecture de l’œuvre – comme beaucoup de comédiens ont voulu endosser la figure tutélaire de Jean Valjean. On ne peut ici tous les citer tant la liste est imposante ; on pourra retenir les versions de Fescourt, Bernard, Freda, Le Chanois, Hossein, Lelouch, August et la version chantée de Tom Hopper en 2012.

En 2025, Eric Besnard proposait une version basée uniquement sur deux chapitres d’Hugo. Intitulé Jean Valjean, avec Grégory Gadebois, le film se situait en 1815, au début de l’histoire à la sortie du bagne, lors de la rencontre avec l’évêque de Digne, qui allait profondément changer le comportement du bagnard, meurtri par des années d’une vie inhumaine.

Fred Cavayé, lui, a resserré le récit et, plutôt que de sortir deux volets séparés, il a imaginé un film de moins de trois heures. Il a fait ses choix scénaristiques, dès le début de l’intrigue, Valjean n’a plus sept neveux à nourrir mais juste un, sa sœur, qui intercède suite au vol de pain, assène : il n’a même pas 20 ans !, il en a alors 26 ; les Thénardier n’ont plus trois enfants, mais deux. Adieu donc Azelma, la fille cadette, pourtant l’une des rares rescapées à la fin du roman. Adieu aussi à Fauchelevent, le charretier sauvé par Valjean, il est remplacé sous la charrette par une ouvrière de l’usine. Mais alors, qui pour accueillir le bon Monsieur Madeleine et sa fille Cosette au couvent du Petit-Picpus ? Oublié cet épisode dans lequel ils vivent cachés parmi les sœurs.

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