Mais la grande déception vient du peu de place laissé à Éponine. Elle, l’amoureuse éconduite, mais qui pourtant, par amour, fera tout pour aider Marius à retrouver Cosette, et arrêtera avec son corps la balle destinée au jeune étudiant, ne trouve pas le rôle capital qu’elle tient dans le roman. Il est dommage que son personnage reste relativement esquissé. Heureusement, la jeune Marie Colomb lui donne sa grâce et sa fougue, elle est la vraie révélation du film.
Vincent Lindon viendra compléter l’impressionnante liste des Valjean au cinéma, après Harry Baur, Gino Cervi, Jean Gabin, Michael Rennie, Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo, Liam Neeson, Hugh Jackman…
Tandis que Benjamin Lavernhe, faut-il le préciser, offre une composition démente dans la peau de Thénardier, le détrousseur de morts à Waterloo et aubergiste à Montfermeil.
A chaque époque, une réécriture pour un nouveau public, mais malgré le souffle épique de la réalisation, le film peine à émouvoir, telle la mort de Gavroche sur les barricades, perdue parmi tant d’autres scènes d’actions.
Véronique Regoudy-Bazaia
