Une caméra contre la dictature

HOMMAGE

Cinéaste  et documentariste chilien  Patricio Guzman, qui s’est battu sans relâche contre l’amnésie face à la dictature fasciste de Pinochet, vient de disparaître. Il vivait en France depuis les années 80.

Le 11 septembre, c’est aussi le souvenir de l’attaque des militaires chiliens contre le président Allende, mort dans le palais de la Moneda, et le début de la sinistre dictature militaire d’extrême droite de Pinochet. Patricio Guzman fut, lui-même arrêté et soumis à des simulacres d’exécution. Il avait choisi l’exil, passant par Cuba, l’Espagne et enfin la France. Le cinéaste vient de disparaître : il était âgé de 85 ans.

Le Chili, le  pays natal de Patricio Guzman n’a cessé de nourrir sa riche filmographie. Et de prime abord, il y a un « miracle » : celui de La Bataille du Chili, réalisé entre 1972 et 1973 et terminé en exil entre 1975 et 1979, une trilogie de cinq heures sur le gouvernement de l’ancien président socialiste Salvador Allende jusqu’à sa fin le 11 septembre 1973. Les bandes avaient été sauvées des sbires de la Junte grâce au déménagement en bateau des affaires de l’ambassade de Suède. Ce documentaire-fleuve est le signe d’une urgence à conserver une trace chronologique des évènements, à laisser des traces.

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