À travers les discussions qui traversent ces deux communautés, à travers la violence de certaines situations, Emin Alper montre bien comment, à l’échelle d’un village perdu, il suffit de quelques actions symboliques pour déclencher le pire.
Jouant sur plusieurs genres – du western au fantastique avec l’importance symbolique du rêve et du cauchemar – Emin Alper réalise un film qui utilise à merveille les paysages anatolien pour mettre en scène le combat entre le bien et le mal. Avec Baris Aygen, le directeur de la photographie, ils font un travail minutieux sur les atmosphères nocturnes, oppressantes à souhait, tout en utilisant bien les décors extérieurs comme dans la très belle séquence de l’incendie. Il faut aussi signaler la musique originale, de Christian Verbeek, qui accompagne sans surligner l’histoire, rajoutant une touche singulière à ce drame qui exploite avec finesse les relations entre tensions politiques et psychologie collective. Un drame qui a reçu un mérité Grand Prix du Jury à la dernière Berlinade.
