Aveuglé par l’amour…

Alternant de manière habile des couleurs – des gammes rétro pour évoquer le passé et des teintes plus froides (très marquées dans les séquences de reportage) pour le présent – le film colle au plus près des protagonistes, notamment avec l’usage de gros plan comme si la caméra tentait de percer leur mystère. Cela permet de mesurer la prestation de Jeong Min Park, qui campe aussi bien le père graveur que son fils et exprime une étonnante palette de sentiments.

Autre élément qui renforce la force du récit jusqu’à l’étonnant dénouement final, le fait que la mère, réputée pour sa laideur, ne laisse jamais voir son visage. Un défi gagné pour Shin Hyun-been qui transmet la moindre émotion par un geste, un mouvement du corps. Même s’il est dommage qu’au final, le réalisateur ne maintienne pas ce mystère, stimulant pour l’imagination.

Film cruel sur les violences sociales, le handicap, les relations familiales, le rôle des médias, The Ugly est une histoire construite pour provoquer un malaise, faire réagir. Et, sur ce point là, la mission est accomplie.

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