Si jamais l’incident n’est évoqué directement par les personnages, il sert de fil conducteur à toute cette soirée durant laquelle Nourou fait tout pour réduire la portée de l’incident. En parallèle, durant la conférence de presse, la critique sur une adaptation présentée comme négligente et où l’équipe est sur la défensive, Ulrich Köhler montre, avec subtilité, la difficulté d’adapter les classiques dans un contexte moderne. Et l’évocation de Baldwin comme modèle par la cinéaste qui parle d’une version de Médée où la femme blanche vit comme une minorité chez les Africains a une grande portée ironique.
Rappelant la philosophie analytique de W.V. Quine – il a proposé un scénario où le mot “gavagai” dans une langue native fictive, serait interprété de plusieurs façons – Ulrich Köhler montre bien la complexité de vivre dans un monde où les cultures sont mélangées, sans pour autant permettre d’effacer les réactions xénophobes. Si les séquences de tournage sont un peu trop nombreuses, ce film inventif évite bien des caricatures pour évoquer, non sans humour, ce racisme ordinaire. Qui rend périlleuse même une classique histoire d’amour entre deux acteurs.
