CINÉMA : MERCREDI 24 JUIN 2026

L’ÉTRANGÈRE, de Gaya Jiji – 1h41
Drame avec Zar Amir, Alexis Manenti, Amr Waked
Score : 4/5
Le scénario
Selma fuit la Syrie en laissant derrière elle un fils de 6 ans et un mari disparu dans les geôles du régime. Arrivée à Bordeaux après un périple dangereux, elle enchaîne les heures de travail au noir, alors qu’un nouveau combat commence pour obtenir le droit d’asile et faire venir son fils Rami. Selma fait bientôt la connaissance d’un avocat, Jérôme. Leur histoire d’amour va tout remettre en question…
Mon avis –
Ayant vécu, elle-aussi, l’exil de son pays d’origine, la syrienne Gaya Jiji a nourri son scénario d’impressions personnelles, même si son parcours a été différent de celui de Selma. Débutant par les images spectaculaires du passage de frontière de nuit avec la police et ses chiens aux trousses, le film se centre vite sur le parcours administratif de cette femme et du sentiment d’être « étrangère» à ce nouveau monde, même si un patron de brasserie la fait bosser à Bordeaux et s’occupe d’elle, même si elle est accueillie par d’autres exilés dans leur appartement. Pour autant, leur surveillance affective la pousse à décamper.
Ayant aussi connu l’exil forcé de son Iran natal, Zar Amir prouve cette fois encore comment elle est capable de jouer sur bien des palettes et Selma peut, tour à tour, craquer ou faire montre d’une volonté farouche comme dans la séquence de la douche où elle agit de telle sorte que ses empreintes digitales ne soient plus « lisibles ». L’actrice a aussi joué en arabe de manière très naturelle et non en farsi.
Le fait d’avoir choisi Bordeaux et une ville plutôt bourgeoise confère une atmosphère spéciale à ce récit de déracinement et échappe au classique récit de banlieue à Paris ou à Marseille avec tous les stéréotypes du genre bien connus et utilisés à l’écran.
