Devos, le funambule des mots

Enfin, avant que Devos ne s’engage sur la voie royale du seul en scène, en se jouant des mots comme d’un punching ball, il y a un recueil de ses prestations scéniques avec les paroles d’un autre amoureux de la poésie loufoque, Roland Bacri. Un exercice partagé avec Denise Benoît. Des moments savoureux comme ce Hai kai, loufoque à souhait, ou Mon temps à moi sur la terre. Et déjà, Devos sait faire swinguer mots et images : « Je suis vers solitaire et je ne rime à rien », lance-t-il, par exemple, dans Métempsychose.

Enfin cerise sur le gâteau, on peut le redécouvrir quand Devos donnait de la voix au côté de Robert Lamoureux dans  Les Trois Mousquetaires où il incarne le truculent Porthos. Une version où l’on est bluffé par la qualité de la distribution : y figurent notamment Rosy Varte, Jacques Dufilho ou encore Guy Tréjan et Jean Paradès.

On mesure à quel point, cette fin des années 50 a été fondamentale pour permettre à ce travailleur infatigable, qui jouait de plusieurs instruments sur scène, de structurer son univers. Une espèce de clown à la poésie surréaliste et qui promène son regard décalé sur la folie du monde.

Un grand saltimbanque qui a tiré sa révérence le 15 juin 2006.

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