La solitaire des J.O.

 Pour évoquer ces Jeux de Paris, dont il capte joliment l’atmosphère en faisant l’autre « acteur » du film, Laurent Slama a dû contourner l’interdiction des tournages durant la manifestation, en tournant avec une équipe des plus réduites, ce qui colle le spectateur au plus près des protagonistes, de leurs émotions. Et, dans cette foule qui aurait plutôt tendance à faire fuir la jeune femme dépressive, c’est la rencontre amicale inattendue qui change la donne et avec un personnage aussi naturel et fantasque que ce Californien insouciant qui fait métier… de l’hypnose. Sa présence agit comme un révélateur dans la vie d’ Elisabeth qui a tant de mal à trouver sa place, à exister au milieu des autres, à donner le change à son patron, un jeune manager qui la joue « cool », mais exploite ses troupes sans vergogne, avec la logorrhée verbale d’un bonimenteur des temps modernes.

Si la dernière partie du film, plus poétique avec l’évocation de ces lieux d’accalmie que sont les jardins, est parfois un peu répétitive, malgré des parenthèses dotées d’une belle poésie, cette histoire, aux dialogues courts et nerveux, évoque de manière subtile l’importance des rencontres et de l’ouverture aux autres pour sortie d’une solitude existentielle.

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