Contestant que la seule réponse possible à un tel massacre était la guerre, s’élevant contre un droit à la vengeance, sans pour autant nier l’horreur des crimes commis sur place, Anat Evan et Ariel Cypel, qui apporte l’indispensable regard distancié face à une telle situation, sous la forme d’une conversation, qui n’est pas exempte de tension au fil du récit, ce qui lui confère une grande vérité.
In fine, le doc montre de manière très dure comment, pour reprendre la formule de la réalisatrice, « Gaza est devenu un trou noir qui ne produit que de la peur. » Elle le fait avec courage en échappant au simple regard israélien endoctriné sur la situation. Alors, par le truchement des réactions des oiseaux par exemple, et une bande son très soignée, par la présence très symbolique des paons dans les ruines calcinées du kibboutz, Anat Evan montre bien comment ces terres sont devenues celles d’une dévastation politiquement voulue. Un documentaire aussi courageux que fort.
