CINÉMA : MERCREDI 24 AVRIL 2026

VIVALDI ET MOI, de Damiano Michieletto – 1h51
Biopic avec Tecla Insolia, Michele Riondino, Fabrizia Sacchi
Score : 4/5
Le scénario
Au début du XVIIIᵉ siècle, l’Ospedale della Pietà à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille, l’orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l’institution. Cécilia, 20 ans, y excelle en tant que violoniste. Jusqu’au jour où l’arrivée d’un nouveau maître de musique, Antonio Vivaldi, vient bousculer sa vie et celle de l’Ospedale.
Mon avis –
Librement inspiré du roman Stabat Mater, de Tizano Scarpa (2008), ce film est le premier long métrage de ce metteur en scène spécialisé dans l’opéra. Et il nous fait découvrir les coulisses de la vie de Vivaldi, employé comme un « serviteur » de luxe par les patrons de cet orphelinat de Venise, le Pio Ospedale della Pietà, où les concerts permettent d’assurer le financement de l’institution en séduisant des aristocrates devenus des généreux donateurs. On découvre aussi le revers de la médaille et comment ces orphelinats sont un vivier pour arranger les mariages de ces jeunes orphelines avec de riches aristocrates. Ainsi Cecilia est promise à Sanfermo, un héros des guerres de la Cité des Doges, qui va se comporter avec elle, comme un soudard blessé, et ce avec une violence inimaginable.
Montrant de façon splendide la manière dont Vivaldi est « possédée » par son art, malgré cet asthme qui le ronge, le film décrit avec brio la folie créatrice qui habite le prêtre violoniste, et la manière dont le compositeur a imaginé ses partitions baroques, recherchant de manière viscérale une certaine reconnaissance. Et la musique apparaît alors dans sa puissance vitale avec son côté subversif. La musique du film a été interprétée par l’Orchestre et le Chœur du Teatro La Fenice, l’opéra de Venise qui n’est plus à présenter.
