En choisissant aussi de traiter de ce drame à travers le regard de deux enfants, il fait d’abord partager une émotion devant les dangers d’un tel périple- où, à côté de passeurs brigands, il existe aussi des moments forts de solidarité entre ces parias et avec certains habitants – sans pour autant signer une histoire scolaire et larmoyante sur le sort de cette communauté.
On ne peut qu’être bluffé par le jeu des deux jeunes protagonistes qui n’ont pas vécu ce genre d’odyssée et qui ont une maturité de jeu impressionnante. Utilisant des plans séquences avec une caméra pouvant filmer à 360 degrés, Akio Fujimoto réussit à « coller » le spectateur au plus près des deux enfants, les libérant de la proximité de l’équipe technique.
Sans jamais masquer le sort terrible réservé à ces Rohingyas, et avec une chute non dénuée de poésie, même si elle peut paraître « heureuse » eu égard à ce voyage semé d’embûches et de drames, ce film est in fine une célébration d’une forme de bonté – sur la route, tous ne sont pas des profiteurs de la misère – qui peut jaillir même dans les pires conditions.
