L’autre film marquant, ce fut ensuite L’Exorciste, en 1973, un tournant dans les films d’horreur, dans lequel William Friedkin continue de filmer de façon réaliste, mais en multipliant les effets spéciaux pour raconter l’histoire de Regan, une jeune adolescente possédée par Satan. Le cinéaste y confirme sa réputation d’homme à caractère ombrageux. Sur le plateau, il va jusqu’à tirer à blanc près des acteurs ou les gifle pour obtenir la réaction ad hoc. Ce réalisateur qui ne goûtait guère les répétitions aimait dire : « Je ne cherche pas la perfection mais la spontanéité.«
Moins connu, mais à redécouvrir, son Convoi de la peur, en 1977, remake du Salaire de la peur, qui fut d’abord un échec commercial et connut un tournage très compliqué. Plus tard, le cinéaste ira se comparer au personnage central du Fitzcarraldo, de Werner Herzog, c’est dire sur l’atmosphère en plateau. On se souvient de la scène centrale de ce Convoi – la traversée par deux camions d’un pont plus que fragile sous une pluie battante – dans un climat de tension maximal et avec des acteurs non doublés…
S’il avait rêvé dans sa jeunesse de jouer au basket-ball, William Friedkin a eu raison de changer d’avis. En 1962, après avoir fait plusieurs fonctions dans une télévision de Chicago – de coursier à réalisateur d’émissions – il commença par un premier documentaire, The People vs. Paul Crump, en 1962, avec lequel il parvint à sauver un condamné de la chaise électrique. Il déclara ensuite : « J‘ai pris ce jour-là conscience du pouvoir du cinéma. » Il a su l’exploiter ensuite…
