TV : Diffusion sur Canal+, vendredi 7 juillet à 21h10
TIRAILLEURS, de Mathieu Vadepied – 1h50
Avec Omar Sy, Alassane Diong, Jonas Bloquet
Mon avis : 3 sur 5
L’histoire ?
Bakary Diallo s’enrôle dans l’armée française pour rejoindre Thierno, son fils de 17 ans, qui a été recruté de force. Envoyés sur le front, père et fils vont devoir affronter la guerre ensemble. Galvanisé par la fougue de son officier qui veut le conduire au cœur de la bataille, Thierno va s’affranchir et apprendre à devenir un homme, tandis que Bakary va tout faire pour l’arracher aux combats et le ramener sain et sauf.
Et alors ?
En utilisant le prisme de ces soldats africains envoyés sur le front en 14-18, Mathieu Vadepied ouvre une page d’histoire laissée dans l’ombre en évoquant le déracinement de ces Poilus venus d’Afrique et jetés dans une guerre qui ne le concernait pas. Comme eux, le spectateur peut être désorienté en plongeant dans un récit où les dialogues sont surtout en langue peule, et où le réalisateur montre tous les coups tordus et les sinistres combinaisons. Mathieu Vadepied montre, au quotidien, des hommes qui cherchent à trouver une place, tout en rêvant à une fuite possible de cet enfer.
L’idée du film est née en 1998 avec la mort du dernier tirailleur sénégalais – Abdoulaye Ndiaye, 104 ans, avait été enrôlé de force en 1914- , disparu la veille du jour où il devait recevoir la légion d’honneur promise par le président de la République, Jacques Chirac. Et le cinéaste de se souvenir : « Je ne sais pas pourquoi, je me dis que si ça se trouve dans la tombe du Soldat inconnu reposent les restes d’un tirailleur de l’armée coloniale issu d’un de ces pays africains colonisés alors par la France. Cela a commencé ainsi.«

