La nostalgie Ernaux

Avec la voix de la romancière comme guide, Les Années Super 8 dresse le portrait d’une mère, d’une épouse et d’une femme qui travaille dans un milieu de petite bourgeoisie des années 70. Paradoxalement, l’opus filme aussi des corps au naturel que ce soit celui de l’auteure que celui de sa mère. Dans Politis, elle reconnaît : « Ma mère, devant la caméra, a ses gestes naturels (…). Moi, j’ai toujours l’impression que je pose. Elle, non. Quelque chose me reste de mon corps initial, si je puis dire. (…) Cela fait partie de l’inconscient du corps, c’est ce qui me reste de mon corps de la classe dont je suis issue. J’ai su assez tôt qu’il fallait que je me tienne autrement. C’est ce malaise qui se voit. Je crois que ma mère éprouvait un certain plaisir à être filmée. Moi, je n’en ai aucun. Je déteste être filmée. »

Une chose est sûre : ce documentaire, à la facture classique, est un nouvel éclairage porté sur l’univers d’une romancière si inspirée.

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