Quelques jours après avoir reçu le prix Nobel à Oslo, Annie Ernaux dévoile un fragment d’intimité dans Les Années Super 8. Avec son fils journaliste scientifique, David Ernaux, ce documentaire retrace à travers des images de la caméra personnelle, le via familiale et banale de son clan entre 1972 et 1981. Sur les écrans le 14 décembre.
« En revoyant nos films super huit pris entre 1972 et 1981, il m’est apparu que ceux-ci constituaient non seulement une archive familiale mais aussi un témoignage sur les goûts, les loisirs, le style de vie et les aspirations d’une classe sociale, au cours de la décennie qui suit 1968. Ces images muettes, j’ai eu envie de les intégrer dans un récit au croisement de l’histoire, du social et aussi de l’intime, en utilisant mon journal personnel de ces années-là », écrit Annie Ernaux en guise d’invitation au voyage et au visionnage de ces Années Super 8.
Jouant sur l’émotion qui nous saisit en plongeant dans les images d’un temps perdu et en regardant les images de la mère et de ses deux enfants saisis par le mari – ils se sont séparés en 1981) qui est resté derrière la caméra. Des images qui ont ressurgi au début des années 80 quand David Ernaux- Briot a voulu revoir des images destinées à l’usage familial quand son premier fils a voulu voir son grand-père, Philippe Ernaux. Il raconte : J’ai montré ces images à mes enfants vers 2016. En même temps, je filmais l’écran de projection avec une caméra numérique et j’enregistrais les commentaires de la famille : ceux de ma mère, de mon frère, des enfants. Mon but, c’était de constituer une mémoire familiale, une manière de transmettre la parole de leur grand-mère à mes enfants. Ce n’est qu’un peu plus tard, en revoyant ces films numériques, que j’ai pensé que ça pouvait avoir un intérêt pour tous : on y voyait l’époque dans les décors, les vêtements, les idéaux aussi avec les voyages au Chili ou en Albanie. »

