L’art selon Rivette

DVD – Blu-Ray

LA BELLE NOISEUSE, de Jacques Rivette – 4h00 (1991)
Avec Michel Piccoli, Emmanuelle Béart, Jane Birkin
– Edition : Potemkine Vidéo

Le pitch ?

Un peintre vieillissant est rongé par un secret qui l’obsède : l’abandon, il y a dix ans, d’un grand tableau qui devait être son chef-d’œuvre et dont sa femme était le modèle. L’arrivée d’un jeune couple dans sa propriété du Midi va lui permettre de reprendre cette œuvre et c’est la jeune femme, qui cette fois, lui sert de modèle. Pendant les cinq journées de pose, la tension va monter entre les différents protagonistes…

Ce qui touche dans ce film ?

Grand prix du jury sur la Croisette en 1991, et d’une Mention spéciale du jury œcuménique, ce film porte de bout en bout la griffe de Jacques Rivette et de son sens de la dramaturgie cinématographique. Le cinéaste avait envie depuis plusieurs années de raconter l’histoire d’un peintre et de son modèle. Pour le pousser à passer à l’acte, Claire Denis, qui lui avait consacré un documentaire en 1990, lui avait envoyé plusieurs cartes postales de toiles de peintres et notamment celles signées Picasso. Adaptant le Chef-d’œuvre inconnu, d’Honoré de Balzac, le cinéaste faisait presque écho à son film précédent, La Bande des quatre(*), dans lequel Benoît Régent expliquait à Laurence Côte qu’il recherchait le tableau volé, La Belle Noiseuse, de Frenhofer.

« Si le cinéaste sortit en 1993 une version courte intitulée Divertimento (2H05), c’est la version longue qui donne toute la dimension à ce récit intimiste où le réalisateur joue entre le contraste du huit-clos de l’atelier dans lequel le peintre agit un peu un despote obsédé par sa création en cours, et l’extérieur provençal baigné de soleil du château d’Assas près de Montpellier.

Sans jamais céder à la moindre impudeur, Rivette parvient à capter comment un peintre « restitue » la nudité d’un corps. Rivette avait pourtant longtemps cherché comment y parvenir comme il témoignait dans le documentaire de Claire Denis déjà évoqué, Jacques Rivette, le veilleur, dans lequel il déclarait : « J’ai envie depuis longtemps, peut-être je ne le ferai jamais, de faire un film sur l’approche des corps, les regards sur les corps, mais j’ai très peur de le faire parce que c’est très difficile et je n’ai pas encore trouvé la méthode qui permettrait de le faire d’une façon qui semblerait juste. »

Laisser un commentaire