Après ces quatre drames d’Antonioni, Monica Vitti était revenue d’ailleurs à ses premières amours pour tourner par exemple en 1968 dans le film, La Fille au pistolet, de Mario Monicelli qui racontait le long voyage d’une femme déterminée à se venger d’un homme l’ayant déshonorée et qui le suit jusqu’au fond de l’Écosse. Passer du drame à la comédie était pour l’artiste « une chance extraordinaire »,
Sa touche, c’était de pouvoir jouer une femme ordinaire sans jamais se départir d’une classe certaine. Jouer était aussi pour la comédienne un moyen d’échapper à certaines pulsions destructrices, elle qui avait à 14 ans, essayé de se supprimer. Elle disait : « J’ai décidé de faire semblant d’être une autre. Et de me faire rire autant que possible au théâtre et au cinéma. Dans la vie, c’est une autre histoire. »
Celle dont Antonioni disait qu’elle avait « le visage de l’angoisse« , cette fille de Sicile qui avait raconté dans son autobiographie Le lit est une rose, en 1995, quelle avait été « à part » dans sa famille car trop blonde, trop mince et grande, Monica Vitti donc était passé derrière la caméra en 1990. Elle avait alors réalisé Scandale secret, avec Elliott Gould – qui fut sélectionné à Cannes dans la section « Un certain regard », dans lequel une femme ayant reçu comme cadeau une caméra vidéo s’en sert pour tenir un journal intime… Ce fut son ultime apparition sur grand écran.
