En 2h07, Asif Kapadia dresse le portrait autopsie d’une légende de la soul : Amy Winehouse. Un doc, Amy, qui sort le 8 juillet.
Après le portrait fouillé d’Ayrton Senna en 2010, Asif Kapadia s’est attaqué à la carrière météorique d’Amy Winehouse, diva soul, morte le 23 juillet 2011, à 27 ans seulement, au sommet de sa gloire. Ayant grandi comme la chanteuse dans le nord de Londres, le réalisateur a choisi de raconter la vie tumultueuse de l’artiste en se servant de ses chansons comme colonne vertébrale du récit. Commentaires : « Instinctivement, on s’est dit que les chansons étaient fondamentales dans notre démarche. Elles constituaient la colonne vertébrale du film. On s’est mis à passer en revue les paroles, et on s’est dit que cela pouvait être comme un film de Bollywood où le fil conducteur se trouve dans les paroles et dans les chansons. On a alors eu l’idée de construire la narration à partir des chansons. » Comme plusieurs titres proposés dans le film sont acoustiques, on mesure la force d’expression d’Amy.
, les textes de la chanteuse disent bien des choses sur sa personnalité, sa sensibilité. Il ajoute : « Je me suis dit qu’il nous fallait décrypter ces paroles. Pour moi, son écriture est devenue une véritable révélation. Tout le monde était au courant qu’elle savait chanter, mais les gens ignoraient peut-être qu’elle écrivait aussi bien. Elle composait également la musique. Elle était un auteur complet. » Comme pour Senna, Asif Kapadia a construit un film sur des centaines d’images d’archives où l’on passe de vidéos à des photos professionnelles et privées, d’enregistrements téléphoniques comme d’images volées par les passants équipés de smartphones.
A Cannes, le film a provoqué la colère du père d’Amy Winehouse, le gardien du temple qui a qualifié le film de « trompeur« . Sans doute aussi parce que le film ne le montre pas toujours sous un jour plaisant. Ainsi, il est filmé dans l’île antillaise de Sainte-Lucie où sa fille avait fui pour échapper aux drogues et aux photographes et il plastronne devant les caméras d’une équipe de téléréalité, Je suis le père d’Amy Winehouse...
Bref, un portrait qui n’a rien d’une hagiographie mais montre cet artiste dans ses excès et ses dérapages. Le tout accompagné d’images inédites sur son enfance et son adolescence qui permettent de voir que cette fille avait déjà un sacré caractère.
