En terre inconnue à Naples

De manière subtile, la cinéaste capte les frémissements de cette adolescence aux portes du monde des adultes avec le don Juan de pacotille campé par Mitia Capellier-Audat ; Toni, ce jeune à la recherche du passé familial et qui tente d’affirmer son homosexualité  tout en jouant la perpétuelle provocation (Colas Guignard est remarquable) ou encore la professeure de latin, passionnée et qui joue ses cours dans le théâtre éternel de Pompéi (Antonia Buresi), tout en regardant, non sans mélancolie – on le sent face à son propre parcours – cette jeunesse en devenir. L’astuce de la réalisatrice, c’est d’avoir limité les fameuses voix-off pour exprimer, par les dialogues, les situations nouvelles, les interrogations des protagonistes comme le prouve la discussion en apparence banale entre le chauffeur de bus et l’enseignante.

Évitant tous les pièges – y compris celui de la séduction de l’enseignante dans une séquence aussi délicate que sensuelle – Marine Atlan réussit à animer ce récit par une direction d’acteurs impeccable qui montre bien les dynamiques (et les frictions) de groupe et utilise avec bonheur le cadre solaire de la baie de Naples comme les ruelles des vieux quartiers du port qui servent de décor de ces tranches de vies déjà marquées par des blessures intimes. Tout en étant choral, ce film – ciselé et à la mise en scène fluide – capte aussi les destins individuels dans leur singularité tout en intégrant, au cœur de ce voyage, le parcours et les blessures de Toni qui va découvrir la vérité sur le passé familial ayant marqué à jamais sa mère. Alors, sous le soleil napolitain, le drame peut éclore…

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