Cet enracinement dans l’histoire de son pays, dans ses traditions ne rend pas toujours simple la compréhension de cette intrigue qui joue sur plusieurs registres.
Devant la caméra, Gessica Généus incarne avec une grande intensité cette Marie-Madelaine qui campe cette fleur du trottoir, qui peut s’écrouler dans la rue, prise de boisson, et rêve de liberté, face à un évangéliste dont la foi vacille devant une telle personnalité. Son travail de photographe ajoute un élèment de plus dans la dramaturgie comme si cet engin faisait fonction de filtre en lui et la réalité, lui permettant ainsi de se frotter à des univers parfois hostiles. Il est juste dommage que certains rôles dits secondaires ne sur-jouent parfois comme l’acteur qui incarne Jacques, celui qui ne vit que pour le prosélytisme.
Si le paradis existe, à Haïti, devant la dureté du quotidien, les personnages de cette histoire n’imagine pas pouvoir le trouver sur terre et le film montre bien comment toutes les croyantes, les rites vaudous permettent de « tenir ».
