On y retrouve le thème du sadomasochisme cher à Clouzot où l’on voit un jeune gars qui maltraite le vieux caïd, l’humilie. Avec le personnage de Mario, bestial et complexe, Montand trouvait son premier rôle d’importance. À l’origine, le rôle était prévu pour Jean Gabin qui le refusa en craignant qu’un rôle de lâche ne nuise à sa carrière. Face au jeune Montand, Charles Vanel est inoubliable. Un vieil homme qui marche inexorablement vers la fin. Symboliquement, il y a la séquence forte où il se débat dans un trou rempli de boue et de pétrole et où, selon la légende, Clouzot, directeur un brin dictateur, aima à le faire souffrir. Pour sa prestation, Charles Vanel recevra le prix d’interprétation masculine au Festival de Berlin en 1953.
Une adaptation du roman de Georges Arnaud, riche de plusieurs scènes d’anthologie (du rocher à faire exploser au passage de la « tôle ondulée ») et qui remporta la Palme d’or à Cannes et l’Ours d’or à Berlin. Le tout est porté par des dialogues ciselés et où il n’y a rien à jeter.
