CINÉMA : MERCREDI 7 OCTOBRE 2026

NI VUE, NI CONNUE, de Mark Fitoussi – 1h55
Comédie avec Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain, Anne Marivin, Emmanuelle Bercot
Score : 4/5
L’histoire
Sur son C.V., on peut lire : « Actrice de cinéma, télévision et séries, Comédienne de théâtre », en réalité, Corinne Maclou (Isabelle Huppert) est figurante. Elle court le cacheton, pour faire ses heures comme on dit, mais aussi dans l’espoir d’être remarquée et de prouver son talent. Au hasard d’un tournage, elle croise Sandrine Kiberlain et en profite pour l’aborder et même s’imposer lourdement. Contre toute attente, les deux femmes, que tout oppose, finissent par se fréquenter. Auraient-elles à apprendre l’une de l’autre ?
Mon avis
Marc Fitoussi est fidèle. Au cinéma, il a dirigé Isabelle Huppert dans Copacabana et La Ritournelle et Sandrine Kiberlain dans La Vie d’artiste et Pauline détective ; il les a retrouvées également dans deux épisodes de la série Dix pour cent. Fidèle également dans ses choix d’histoire, La Vie d’artiste (2007), son premier long métrage, mettait déjà en scène Sandrine Kiberlain qui tentait de percer dans le milieu artistique. Ici, c’est à Isabelle Huppert qu’échoit le rôle de la femme dans l’ombre des stars de cinéma ; un des rares rôles que la comédienne n’a jamais joués, ce qui intéressait le réalisateur.
Que se passe-t-il sur les plateaux de tournage ? Marc Fitoussi nous en donne un aperçu, choisissant un ton léger, souvent persifleur, mais qui finalement en dit long sur les rapports humains au travail, sur les degrés de hiérarchie et sur ce qu’il faut de culot pour percer. Il met dans la lumière ces petits métiers de l’ombre – les invisibles – mais pourtant essentiels, qui feront qu’une scène fonctionne ou pas. Il traite également des humiliations que l’on peut faire endurer à ceux que l’on appellerait dans une entreprise « les petites mains », pourquoi il est interdit de se servir un café à la table-régie-des-comédiens, du regard consterné d’un costumier lorsqu’un figurant présente ses choix de vêtements, puisés directement dans sa propre garde-robe. Corinne Maclou se plie de bonne grâce à tout cela mais n’hésite pas à protester lorsqu’il le faut. Et de quitter le plateau lorsqu’un comédien ne sait pas son texte et qu’il faut refaire la prise dix fois de suite (ainsi dans la scène avec Hugo Becker, excellent).
