Victime d’un harcèlement scolaire…

Sans jamais porter un jugement moral, en laissant une fin ouverte, Sham exploite avec intelligence la frontière entre vérité et mensonge, qui plus est dans une société où les codes sont très présents. Ainsi un des déclencheurs de l’affaire, c’est le moment où le professeur, venant parler de son fils à une mère, évoque un comportement inapproprié du garçon, sans doute découlant du fait qu’il n’était pas « purement japonais » car ayant des origines étrangères. Ce qui fait vite monter la tension entre eux.

Une fois encore, avec ce drame social, Miike montre son agilité pour passer d’un genre à l’autre, lui qui est connu pour des films à la grande violence comme Ichi the Killer ou 13 Assassins. Évoquant son nouveau film, il souligne : « Peut-être que le problème ne vient pas seulement des médias. C’est aussi du côté du consommateur, qui absorbe l’information et entretient cette atmosphère. Les tabloïds cherchent à vendre en misant sur le sensationnalisme, et d’un point de vue économique, c’est presque inévitable. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, l’information nous submerge et change d’un instant à l’autre, et nous pouvons finir par blesser quelqu’un sans même s’en rendre compte. Je ne pense donc pas que le problème soit uniquement lié aux médias traditionnels. Voilà ce qui m’a frappé en lisant le livre. »

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