Une histoire oubliée

À travers le destin de cette grand-père, l’histoire décrit bien le destin de ces « lettres de l’étranger » qui permettaient à la fois de survivre mais pouvaient aussi entretenir bien des fantasmes. Ainsi Ye Sogriu est persuadée, grâce à une banale  photographie, que son époux, parti en Thaïlande dans les années 40,   a entretenu une double famille. Tout le talent de Hongchun Lan est de ménager un suspense certain en dévoilant, à travers un scénario fouillé, les secrets de famille. Le déclic, c’est la cupidité du petit-fils, Hiou-ui, qui est persuadé qu’en retrouvant cet aïeul qui a donné son nom à des écoles, il pourra rembourser ses dettes personnelles.

Avec des séquences en forme de tableaux animés, ce film montre aussi que, par-delà les différences historiques et culturelles, les migrants ne fuient pas leur pays par plaisir. Et quelles blessures peuvent naître d’un tel éloignement, surtout  à une époque où les communications ne vont pas encore à la vitesse des réseaux sociaux.

Une fresque émouvante et bien jouée. Et un film qui a connu un succès inattendu en Chine même par la force de son sujet.

Laisser un commentaire