Au dancing du temps qui passe

CINÉMA, MERCREDI 12 AOÛT 2026

ARCOBALENO, de Pablo Cirès – 1h21

Documentaire

Score : 3/5

Le thème

Depuis cinquante ans, Iolanda est la reine de « l’Arcobaleno », un dancing mythique au sud de Rome, et tous les jours ses deux fils maintiennent tant bien que mal ce lieu en vie. Face à un avenir fragile, Elisa, la petite-fille rêve d’une deuxième vie pour « l’Arcobaleno », mais convaincre le reste de la famille s’avère plus compliqué qu’il n’y paraît.

Mon avis –

En filmant sa famille, Pablo Cirès signe un documentaire frappé au sceau de l’émotion, sans pour autant passer sous silence cette vie en forme de survie d’un lieu au charme suranné dont les habitués semblent sortis d’une autre époque. Il raconte : « J’ai toujours vu chez ma famille une forme de poésie et depuis que je suis adolescent je n’ai jamais cessé de les photographier et de les filmer. Alors quand j’ai débarqué avec une caméra un peu plus professionnelle, un micro et un pied, ça ne les a pas spécialement étonnés, bien qu’ils ne comprenaient toujours pas pourquoi je m’intéressais à deux ni à ce dancing qui tombait en ruines. »

Avec une galerie de portraits et des situations qui rappellent l’univers d’un Dino Risi ou L’Amarcord, de Fellini, ce documentaire capture avec sensibilité, mais sans voyeurisme, un monde qui se meurt, mais avec des acteurs qui s’en tirent d’une blague qui joue un détachement feint. Pablo Cirès ajoute : « J’étais confronté à un mur de pudeur, de fatigue et d’amertume aussi peut-être d’avoir été un grand orchestre un jour. » L’émotion est pourtant palpable quand un des frères rend hommage à la « mamma » disparue et qui était la « figure » du dancing.

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