Esclave du coton

CINÉMA : MERCREDI 5 AOÛT 2026

COTTON QUEEN, de Suzannah Mirghani – 1h35

Drame avec Mihad Murtada, Rabha Mohamed Mahmoud et Talaat Farid

Score : 4/5

Le scénario

Dans un village cotonnier du Soudan, l’adolescente Nafisa est élevée au milieu des récits héroïques de la lutte contre les colonisateurs britanniques racontés par sa grand-mère, la matriarche du village, Al-Sit. Mais lorsqu’un jeune homme d’affaires arrive de l’étranger avec un nouveau plan de développement et du coton génétiquement modifié, Nafisa se retrouve au centre d’un jeu de pouvoir qui déterminera l’avenir du village. Prenant conscience de sa propre force, Nafisa se lance dans une quête pour sauver les champs de coton – et elle-même. Ni elle ni sa communauté ne seront plus jamais les mêmes.

Mon avis –

Le film raconte comment un simple champ de coton devient essentiel pour l’avenir d’un village et contraint surtout une jeune fille, Nafisa, à se lever face aux traditions et à se battre pour défendre les maigres droits de la femme. Avec, en filigrane, l’idée de la beauté d’un champ de coton, une image qui avait marqué la réalisatrice durant son enfance. « C’est une image qui m’est restée longtemps en mémoire : un décor naturel mais magique, presque mystique, orné de volutes blanches flottant dans les airs. J’ai essayé de donner au personnage principal, Nafisa, le même sentiment d’émerveillement face à son environnement. En réalité, bien sûr, le coton n’est pas seulement une beauté naturelle, il est lié aux forces mondiales de l’industrie et de l’économie. »

Empruntant son titre à un concours lancé dans les années 1930, un événement publicitaire pour promouvoir l’industrie coloniale britannique – au départ situé en Angleterre, il a été importé dans ses colonies –  ce drame montre bien comment les jeunes femmes se rebellent contre une tradition visant à les soumettre aux enjeux du pouvoir et aux enjeux économiques. Il décrit bien aussi comment les femmes sont au cœur de l’exploitation et de la récolte épuisante du coton. Et derrière la vie en apparence insouciante menée par Nafisa et de ses amies se cache une réalité très dure. Cette insouciance ne peut avoir qu’un temps, comme le souligne avec force la matriarche du clan qui détient le pouvoir ou encore sa mère, guidée par un matérialisme profond.

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