Le clown est triste

Là où le film est particulièrement réussi, c’est dans la description des relations familiales avec la présence très lourde des parents de Heli qui sont confits en dévotion et font peser le poids de ses croyantes à la terre entière.

D’autre part, Adrian Goiginger signe une séquence absolument splendide, dans la tradition des grandes comédies italiennes, lors de l’enterrement du père et de ses deux enfants, dans laquelle les copains du cirque accompagnent le convoi au cimetière en chantant un tube du folk américain – Old Dan Tucker – qui était le morceau préféré du couple. Le rire des clowns atténue alors la tristesse de la veuve clown et le moment est d’une grande forme émotionnelle en évitant le piège du pathos. La présence de cette discipline tout au long du film apporte une touche singulière à cette histoire, notamment dans les scènes  l’hôpital dans lequel Barbara travaille et où certains échanges ont été improvisés retrouvant la spontanéité de cet univers ludique.

Enfin, il faut saluer la composition remarquable de Valerie Pachner qui parvient, sans jamais forcer le trait, à exprimer une grande palette d’émotions et à montrer toutes les blessures de la jeune veuve en faisant face malgré tout. Un film aussi original par le thème que fort par sa mise en scène.

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