Un amour sans frontières

Indéniable hymne au courage de cette veuve qui affronte le regard des autres sans baisser la tête, le film est aussi une forme de satire. Danielle Arbid souligne : « Le Liban me fait penser à une opérette. Un pays où les détails  de la vie courante sont racontés et dramatisés à bloc où le rire est devenu une forme de résilience. Un pays habitué à tout genre de catastrophe, qui se moque de lui-même. » L’atmosphère dramatique est en permanence tempérée par des moments où l’humour n’est pas loin, ainsi quand la collègue de travail de Suzanne lui demande si elle ne doit pas, pour continuer à séduire son amant, recourir à la chirurgie esthétique.

La présence de deux « étrangers » – une Palestinienne et un soudanais – dans ce Liban d’opérette renforce encore l’image de ce combat permanent des deux personnages principaux pour tenir debout. Et Amine Benrachid incarne avec subtilité cet homme bienveillant, même s’il est lucide sur la fragilité de leur relation amoureuse. L’histoire permet, au demeurant, des séquences de vraie poésie comme celle où le couple danse dans le salon de Suzanne face aux grandes vitres dans une atmosphère nocturne.

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