Jouant avec l’image du miroir et le texte d’ouverture de Shams Tabrizi, grand poète mystique disparu en 1248, Toutes mes sœurs montre la force des jeunes femmes en Iran (le film a été tourné avant la guerre actuelle) qui continuent de se battre pour voir éclore une société nouvelle et apporter un peu d’espoir et de vie alors qu’une autre partie de la société semble plus soumise, voire indifférente.
Et, par le truchement du documentaire, Massoud Bakhshi investit le réel pour en tirer une forme de vérité qui se cache parfois derrière des métaphores. Il souligne : « En Iran, la réalité est souvent plus inspirante que la fiction. » En tout cas, grandir à Téhéran n’a rien d’une sinécure et, à la fin, Mahya et Zahra, qui soutiennent le mouvement « Femme, Vie, Liberté » disent leurs peurs politiques devant leur grand-mère.
Depuis la fin du tournage, la guerre a, en prime, changé la donne et on peut craindre, une fois la fin du conflit négocié, que la situation des femmes ne s’empire alors qu’à la fin de ce doc, il y a une note un peu optimiste, le cinéaste notant à quel point le port du hijab par exemple n’est plus largement imposé. Jusqu’à quand ?
