En eaux troubles

CINÉMA : MERCREDI 3 JUIN 2026

THE PLAGUE, de Charlie Polinger – 1h35

Thriller avec Joel Edgerton, Everett Blunck, Elliott Heffernan

Score : 2/5

Le scénario

Dans un camp d’été, la rumeur d’une peste se propage. Quand Ben refuse d’y croire, les frontières de la réalité se brouillent et un jeu impitoyable se déclenche entre les garçons.

Mon avis

Grand Prix et Prix de la critique au dernier Festival de Deauville, The Plague (La Peste) n’a rien à voir avec le roman éponyme d’Albert Camus, mais évoque surtout une maladie imaginaire contagieuse qui déboule dans ce camp de water-polo au cœur d’une bande d’ados, prompts à ostraciser l’un des leurs. L’errance de cet indésirable, des bassins de la piscine au réfectoire, permet de souligner la cruauté des relations adolescentes avec une victime expiatoire, campée avec beaucoup de justesse par Everett Blunck dont le regard exprime d’un moment à l’autre aussi bien l’innocence que la crainte des autres.

Évoquant le scénario et ses influences personnelles, Charlie Polinger soulignait au dernier Festival de Cannes : « Pour moi, l’âge de 12 ans ressemblait davantage à un enfer d’anxiété sociale. J’ai voulu plonger le spectateur dans l’espace mental volatile et hyper-intense d’un préadolescent névrosé : la dynamique de groupe, les hiérarchies sociales, la masculinité et la cruauté, la façon dont le pouvoir mute dans un système fermé comme un camp de sport ».

Loin des comédies pour ados et autres scénarios nostalgiques, l’originalité du film est de montrer un visage plus sombre de cette jeunesse, marquée par le thème du harcèlement. De fait, les autres participants au stage font montre d’une vraie cruauté envers leurs deux camarades. Et le jeune  Kayo Martin incarne à merveille le tyran de service.

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