Histoire d’une fuite loin du monde dit civilisé, le film est aussi la description d’une relation forte entre un père et son fils, même si la figure paternelle ne semble pas toujours très mature. Et qu’il semble plus enclin à rêver sa vie que de la vivre réellement. Le cinéaste souligne : « Dans Sikkwan Island, il y a quelque chose de l’ordre de « l’inadaptation » du parent face à son propre enfant, et l’idée d’une deuxième chance aussi. Le père veut bien faire, mais il n’y parvient pas, il finit pas faire peser quelque chose de très malsain sur son fils, qui doit trouver son propre chemin pour survivre. »
Ce drame métaphysique est porté par deux comédiens solides. Face à Swann Arlaud, capable de se glisser dans bien des personnages avec bonheur, exprimant la vulnérabilité de ce père pas vraiment mature, Woody Norman réussit à exprimer, sans jamais forcer le trait, des thèmes aussi graves que l’enfermement, le tentation du suicide…et construit un personnage de fils qui est un vrai écorché vif ayant du mal à maintenir une communication avec son père. Des acteurs qui ont sans doute été marqués dans leur jeu par un tournage dans des conditions naturelles rudes, notamment dans les moments de la période hivernale.
Une adaptation bien jouée et qui tient la route, malgré quelques invraisemblances.
