Positionnant la caméra de telle sorte que le jeu des regards soit privilégié – le mode de communication essentiel dans l’univers des sourds face aux entendants – la cinéaste nous plonge dans l’intimité d’Angela et montre bien comment les tensions naissent dans le couple à partir du moment où Hector « oublie » de signer quand il s’occupe de son enfant et joue avec elle, ce qui isole Angela enore un peu plus.
Montrant aussi le quotidien au travail d’Angela dans sa fabrique artisanale de poterie comme dans les réunions amicales ou familiales, le film porte un regard subtil sur le handicap, grâce aussi au jeu parfait du duo de comédiens principaux. Et l’on ne peut être que bluffer par les multiples émotions que parvient à faire partager Miriam Garlo.
Sans jamais sombrer dans le sensationnel, l’émotion pour l’émotion,, ce premier film est un portrait magnifique et sensible d’une mère qui doute. Sorda a remporté le Prix du public panorama à la Berlinale, ainsi que la Biznaga de Oro du Meilleur film espagnol au Festival de Málaga. En prime, Miriam Garlo et Álvaro Cervantes y ont également été récompensés pour leurs interprétations marquantes. Enfin, le film a fait un carton à la cérémonie des Goya 2026 (l’équivalent de nos César) avec notamment le prix du Meilleur film. Des trophées tout à fait mérités.
