Paradoxalement, la fête dans le village familial de Guinée Bissau donne lieu à peu de tensions, alors que le mariage en Normandie n’est pas exempt d’affrontements entre les convives. Comme si le retour dans le territoire des ancêtres était, symboliquement, un gage d’apaisement, avec l’idée de se ressourcer dans une communauté bienveillante, réunie pour ce salut envoyé à l’ancêtre à travers une cérémonie qui a coûté une petite fortune à la famille.
Mettant les femmes au premier plan, et dotées toutes d’une forte personnalité, Dao bat aussi en brèche une certaine image de l’Afrique et prouve que, là-bas aussi, les femmes se battent pour exister par elles-mêmes et sans demander des comptes à la gent masculine.
Avec une bande originale signée Abdullah Ibrahim,qui marie très intelligemment le jazz et la musique du monde, ce drame est une plongée surprenante et inattendue dans la religion animiste et permet de mieux appréhender son importance dans la culture africaine, sans jamais tomber dans la caricature. Ce qui atténue un peu la force du propos, c’est sa longueur car, aussi bien durant les séquences de mariage que dans celles de la cérémonie, il y a bien des redites : avec une heure en moins, Dao aurait été une grande réussite.
