Un cri de défense envers la culture maorie

La mise en scène fait montre d’une belle maîtrise et Gin Loane signe un travail tout à fait magnifique sur la photographie avec des atmosphères lourdes et des éclairages qui ménagent de larges plages d’ombre et des lumières naturelles qui renforcent le côté oppressant du récit et des aventures dans lesquelles va plonger la jeune maori devenue préceptrice du domaine.

Un des clous du film est la soirée décadente d’anniversaire où Mary Stevens signe un Haka puissant face aux pitreries vulgaires des convives qui cuvent mal l’alcool ingurgité. On mesure à l’aulne d’une telle scène le talent d’Ariāna Osborne, qui passe très vite de l’expression d’une espèce de dégoût à celle d’une vraie haine face au mépris de ces colons anglais.  Toute cette partie du film, ponctuée de séquences de cauchemar et d’évocation des fantômes est prenante et l’histoire est vraiment inattendue.

Là où le film perd de sa force, c’est dans la dernière partie où le sanguinolent prend le dessus. Les moments où l’image suggérait sont beaucoup plus forts que les plans sur un corps décapité et qui baigne dans le sang sans que ledit plan soit justifié par l’économie d’un scénario qui était assez dense en proposant ce regard singulier sur la culture māorie. Le spectaculaire sanglant n’est pas toujours la meilleure façon de faire sursauter son monde…

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